mon atelier, ma porte

 

un coup d’épaule, une grande vibration, la porte cède et me voilà chez moi.Toute entourée de vie, d’envie d’être, toute traversée des rires d’autrui.

ça pétille du plaisir d’être là, malgré la poussière et malgré le froid. Si l’un nous accueille sévère,  l’autre flambe de tous bois, joyeuse compagnie de compères. Jamais de loups noirs enragés n’ont traversé ce lieu là, ils s’ébattent sur d’autres marchés car ici, tranquille création fait loi.

La porte féraille rouge bloquée s’entrouve sur le nez du promeneur. C’est dans cette lumière métallique rouillée qu’ensemble nous professons. Chacun son chemin défriché et montre ce soir toutes tes créations. Serrant alors  très fort ce petit bonheur.

On pourrait voir les barreaux d’une prison, c’est une cage aux multiples oiseaux. ça babille, ça pétille, du plaisir d’être là, ça se frappe sur l’épaule, ça protège son voisin, ça controle ses mots lorsqu’il faut prendre soin.

Aujourd’hui, pour 4 jours l’atelier est devenu commerce. On s’y lance des défis, on recherche les prix. Il faudra écouler tous ces petits formats, séduire le chaland pour qu’il sorte ses euros, le talent n’y est pas lorsque commerce, il faut.

on soigne  son baratin, on travaille son sourire. 4 jours épuisés à se mettre à compter. Lundi nous aurons tous le doute fiché au corps, les euros ne sont rien pour inventer encore.

J’attends patiemment que les sourires s’épuisent, je ne vois plus mon phare, et  j’ai perdu mon nord. Je m’éloigne doucement, ne pas gacher l’espoir. Je veux poser mes yeux sur la mer grise de décembre, celle qui creuse des gouffres jamais assez profonds, celle  aussi   qui apaise des désordres dont je tremble, prisonnière férraillée de la consommation.. PR

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